Révolte syrienne de 2011-2012
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Révolte syrienne de 2011-2012
Manifestation dans la ville de Idlib le 3 février 2012
| Date(s) | 15 mars 2011-en cours |
|---|---|
| Localisation |
| Organisateurs | manifestations spontanées, CNS |
|---|---|
| Participants | Syriens[1] |
| Revendications | Liberté, levée de l'état d'urgence, réforme de l’État, puis départ du président Bachar el-Assad |
| Nombre de participants | 650000 à Hama, 550000 à Deir Ezzor, 250000 à Idleb, 200000 à Homs, des centaines de miliers dans les autres gouvernorats |
| Actions | * Manifestations, rassemblements, sit-in permanents[2].
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| Arrestations | au moins 212 000 |
|---|---|
| Morts | Au moins 15 000 [3] dont 731 enfants au moins, 65000 disparus[4]. |
La révolte syrienne de 2011-2012 est une vague de contestations populaires sociales et politiques sans précédent sous le régime baasiste qui a débuté à partir de mars 2011 en Syrie. Elle s'inscrit dans le contexte de protestations dans les pays arabes nommé le Printemps Arabe. Comme en Tunisie ou encore en Égypte, les manifestants demandent le départ de leur dirigeant.
Alors que le printemps arabe s’étend à tout le Moyen-Orient, le régime de Damas prend d’intenses mesures de prévention, maniant la carotte et le bâton en alliant répression et tentatives d'apaisement. Plusieurs appels à manifester sont lancés à partir du 4 février[5], mais les moukhabarat répriment sévèrement toute tentative d’opposition.[réf. souhaitée]
Des manifestations quotidiennes se succèdent à Deraa à partir du 18 mars[6]. Plusieurs bâtiments symboliques du pouvoir (siège du Parti Baas, tribunaux) sont incendiés[6]. Le vendredi 18 mars, des manifestations de plusieurs milliers de personnes ont lieu à Damas, Homs, Banias et surtout Deraa. Le pouvoir réprime dans le sang ces manifestations, faisant des centaines de morts et des milliers de blessés ; Human Right Watch parle de véritable massacre[7]. Des dizaines d’opposants, armés ou non, sont arrêtés[5]. À partir du 25 mars, malgré la répression et des concessions du gouvernement, le mouvement s'étend à toutes les principales villes du pays.
Le 3 août 2011, le Conseil de sécurité de l'ONU condamne à l'unanimité les « violations généralisées des droits de l'homme et l'emploi de la force contre des civils » par les autorités syriennes[8]. Ce type de protestations dépasse par son ampleur et sa durée le soulèvement qui avait mené au massacre de Hama en 1982, d'autant que les membres de différentes communautés se sont soulevées, créant un sentiment de solidarité nationale[précision nécessaire][1]. Fin août est créé le CNS (Conseil national syrien), à l'image du CNT libyen. Il est lancé officiellement les 1er et 2 octobre 2011 à Istanbul, en Turquie.
En février 2012, alors que plusieurs villes sont bombardés par l'armée syrienne[réf. nécessaire], le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, déclare que la répression contre les opposants est « presque certainement un crime contre l'humanité »[9]. En un an, les organisations humanitaires estiment le nombre de réfugiés à 90 000 en Jordanie[10].
Sommaire |
[modifier] Historique
[modifier] Appels à manifester non suivis
Le vendredi 20 janvier 2011, le slogan « Le peuple veut déclarer le Jihad ! » a été proclamé par les Comités de coordination de la révolution[11]. S'ensuivent un certain nombre d'actes de violence: Le 25 janvier, le Père Basilios Nassar, curé du village de Kfar Bohom, est abattu[Par qui ?][12]. Le 26 janvier, c'est le tour du major Zafer Karam Issa, par un commando dirigé par le fils de l’Emir de Yabroud, M. Khadra[13].
Suivant l'exemple de la révolution égyptienne, des appels à manifester sont lancés sur Facebook, invitant les Syriens à se mobiliser les 4 et 5 février, notamment devant le siège du parlement à Damas. L'appel ne fut pas suivi, en raison notamment de l'important dispositif de sécurité, des intimidations des forces de sécurité et de l'arrestation des principaux organisateurs[réf. souhaitée][14].
Le 17 février 2011, le gouvernement annonce des mesures sociales prévoyant la baisse de taxes sur les produits alimentaires de première nécessité, l'augmentation des subventions pour le fioul et la création d'un fonds social qui aidera 420 000 personnes en difficultés[15],[16]. D’autres augmentations de prix et l’instauration de la TVA sont reportées ; le gouvernement annonce également le recrutement de 67000 fonctionnaires, multiplie les rencontres avec des représentants de la société civile et des dignitaires religieux[16]. Des dizaines de fonctionnaires corrompus sont mutés ou renvoyés[16]. Le gouvernement apporte son soutien diplomatique, mais aussi matériel, et envoie des renforts en Libye, soutenir le colonel Kadhafi, en manière d’avertissement sur ses intentions en cas de révolte[17]. Fin février, le pouvoir rétablit l'accès à Facebook et Youtube pensant apaiser d'éventuelles tensions. Certains[Qui ?] analysèrent le geste comme un moyen de mieux repérer les activistes[18]. Le pouvoir multiplie également les mesures sécuritaires : renforcement des écoutes, plan de rupture des moyens de communications pour isoler des régions ou des villes du reste du pays, ordre donné aux moukhabarat de répression ferme de toute agitation, interdiction de messagerie instantanée et de Skype, nombreuses arrestations préventives ou non, comme celles d’enfants tagueurs[16].[réf. insuffisante]
Le 17 février 2011, les violences policières contre un commerçant entraîne le soulèvement d'un quartier de Damas[19].[réf. insuffisante]
Le 7 mars 2011, 13 prisonniers politiques entament une grève de la faim[20].
[modifier] Révolte de Deraa
Le 13 mars 2011, quinze écoliers sont arrêtés pour avoir taggé les slogans de la révolution égyptienne de 2011, puis transférés à Damas[réf. souhaitée]. Un nouvel appel est lancé sur Facebook, appelant les Syriens au soulèvement à partir du 15 mars dans toutes les villes de Syrie. Une manifestation eut lieu le jour prévu à Damas[2],[21], avec quelques dizaines de personnes rassemblées au souk Al Hamidia (ou Hamidiyé) criant des slogans tels que : « Dieu, la Syrie, la liberté et c'est tout ! » ; la foule fut rapidement dispersée par les forces de l'ordre. Selon les organisateurs, des manifestations eurent aussi lieu à Deir ez-Zor, Alep et Hassakeh[22]. Le lendemain, 200 personnes, pour la plupart des proches de prisonniers politiques, manifestent près du ministère de l'Intérieur à Damas pour demander leur libération. Ils sont violemment dispersés par la police.[réf. à confirmer] Selon des témoins, des intellectuels ont été sauvagement battus, Amnesty International condamne la répression de manifestants pacifiques et affirme que 30 personnes ont été arrêtées, dont les activistes des droits de l'homme Mazen Darwish et Suhair Al-Attassi et le philosophe Tayyeb Tizini[23].
Les auteurs de l’appel organisent le 18 mars 2011 un « vendredi de la dignité ». Des manifestations ont lieu à Damas[2], Alep, Homs, Hama, Banias[2] et surtout à Daraa[2] (ville du sud, d'environ 80 000 habitants)[21]. Les manifestations partent des mosquées (le vendredi est jour de prière) ou des stades où des matches ont lieu ce jour-là (ce qui entraîne la suspension de toutes les compétitions de football)[24]. Les manifestations ont un caractère tribal et confessionnel limité : ainsi, la croix et le croissant ont été brandis au sein de la mosquée des Omeyyades à Damas[25]. Pour l’ancien diplomate Ignace Leverrier, il est même absent[26]. À Dara, les forces de l’ordre ont tiré à balles réelles sur les manifestants, tuant quatre d'entre eux[27] et en blessant des centaines[évasif]. Parmi les blessés transportés à l'hôpital, certains sont enlevés par la police[28][réf. insuffisante]. Le même jour, la composition d’un « conseil national de transition temporaire », virtuel, est publié sur Facebook pour manifester l’existence d’une alternative[29].
Le lendemain, 19 mars 2011, à Daraa, les funérailles des manifestants tués la veille se transforment en manifestations, les forces de sécurité dispersent la foule par des tirs de gaz lacrymogènes, occasionnant plusieurs blessés[30].
La contestation s’amplifie le dimanche 20 mars 2011, avec environ 10 000 manifestants descendant de nouveau dans les rues de Daraa (selon les organisateurs), rejetant la tentative de médiation d’une délégation gouvernementale. Les forces de l’ordre répriment violemment les contestataires en tirant des gaz lacrymogènes et des balles réelles, tuant un manifestant et en blessant une centaine. La manifestation tourne alors à l’émeute, les protestataires incendient le siège du parti Baas au pouvoir, le Palais de Justice ainsi que deux succursales de deux compagnies de téléphonie mobile, dont l’une appartient à Rami Makhlouf, cousin du président Bachar el-Assad[31].
Les manifestations continuent le 22 mars 2011 à Daraa et s’étendent à la ville voisine de Djassem[32]. Le 23, un millier de personnes manifestent de nouveau à Daraa, où on compte plus de cent morts[2],[21]. La révolte s'étend à la ville de Nawa avec 2 500 manifestants scandant des slogans contre le pouvoir et se dirigeant vers le commissariat de la ville, et à Jassem[33].
Le 24 mars 2011, vers 1h30 du matin, une unité de l'armée prend d'assaut la mosquée Omari à Daraa où s'étaient retranchés certains manifestants, en tuant au moins six. Plus tard dans la journée, la police ouvre le feu lors des funérailles de manifestants qui rassemblaient 20 000 personnes selon les protestataires. D'autres incidents ont lieu entre opposants et forces de l'ordre dans les villages avoisinants. Au total, 15 personnes sont tuées tout au long de la journée[34]. Malgré cette violente répression, le gouvernement annonce des mesures le soir du 24 mars, comprenant des hausses importantes de salaires dans l'administration (de 20 à 30 %), la libération des protestataires arrêtés durant les troubles et une potentielle abrogation de la loi sur l'état d'urgence (en vigueur depuis 1963). De plus, la conseillère du président juge les revendications des manifestants « légitimes[35] ».
[modifier] Extension à tout le pays
Du 25 au 27 mars 2011, le mouvement s'étend dans plusieurs grandes villes du pays. Après les concessions annoncées par le gouvernement, et la libération de plus de 200 prisonniers politiques, les manifestations se renforcent à Deraa où une statue de Hafez el-Assad est déboulonnée. La contestation s'étend à deux villes proches de Derra, Tafas et Sanamein et dans la capitale Damas (1,4 million d'habitants). Les troubles éclatent aussi à Hama (500 000 habitants), qui avait été victime d'une violente répression en 1982. Des locaux du Parti Baas ont été incendiés dans plusieurs villes. Les manifestants scandent des slogans tels « le peuple veut la chute du régime » ou « nous nous sacrifierions pour Deraa ».
Le 26 mars 2011, Lattaquié (700 000 habitants) commence à participer au mouvement de contestation[21] où la répression fait au moins dix morts. Le lendemain, l'armée est envoyée dans la ville. Ce même jour, le gouvernement annonce qu'il abrogera la loi sur l'état d'urgence, après avoir évoqué cette possibilité trois jours auparavant, et le président Bachar el-Assad devrait prochainement s'adresser à la nation. Deux cent quatre-vingt prisonniers politiques sont libérés[2].
Au 5 avril 2011, la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme recense 123 personnes tuées entre le 18 mars et le 1er avril en Syrie[36]. Le 8 avril, on compte 26 nouveaux morts à Deraa[2].
Une manifestation de cinq cent personnes a lieu le 13 à Alep[2],[21]. Un nouveau gouvernement est nommé le 14 avril[21], mais sans calmer la contestation, qui rassemble 10 000 personnes à Lattaquié le 17. Le 18, 20 000 personnes font un sit-in à Homs[2], huit sont tuées[21]. Le 20 avril, d'autres manifestations ont lieu à Alep et Homs, et le 21, l'état d'urgence est levé et la Cour de sûreté de l'État, un tribunal d'exception, est abolie[2],[21]. Le 22, après la mort de 25 nouvelles personnes à Deraa et Damas, deux députés et le mufti de Deraa démissionnent[21].
C’est à cette période que la dissidence, totalement inorganisée, constitue un "comité de coordination pour le changement démocratique en Syrie[37],[38]".
[modifier] Répression militaire
[modifier] Année 2011
Le 25 avril 2011, les 4e et 5e divisions mécanisées, commandées respectivement par Maher Al-Assad et Muhammad Saleh Al-Rifai, et le 132e bataillon, attaquent la ville rebelle de Deraa. Des sources encore insuffisantes pour avoir des certitudes font état de mutineries individuelles, voire d’unités entières, qui occasionneraient un arrêt de la progression de l’armée dans la ville[39],[40],[41]. Pour rendre la défense de la ville plus difficile, l’eau, l’électricité et les communications téléphoniques ont été coupées[42]. L’ampleur de la répression provoque la démission de plus de 230 membres du parti au pouvoir[21]. De la même façon, les communications par téléphone satellite sont coupées[43].
Le 29 avril 2011, les forces de sécurité ouvrent le feu vendredi sur des milliers de personnes marchant sur la ville de Deraa, foyer de la contestation situé près de la frontière jordanienne[44]. Des manifestations ont lieu dans tout le pays[2]. Au moins 48 civils sont tués lors des manifestations[45].
Six personnes périssent samedi 30 avril 2011 dans le pilonnage de l'armée et les tirs de francs-tireurs à Deraa, foyer de la contestation contre le régime en Syrie, où l'eau, la nourriture et les médicaments manquent depuis l'intervention des troupes lundi[46]. Le même jour, près d'une centaine de personnes se rassemblent devant les locaux de la chaîne satellitaire qatarie Al-Jazira, accusée de "mensonges" et d'"exagération" dans sa couverture du mouvement anti-régime débuté mi-mars[47]. Les forces syriennes arrêtent deux personnalités de l'opposition, Hassan Abdel Azim et Omar Kachach[48].
Le 1er mai 2011, de nouvelles manifestations ont lieu à Deraa, Kameshli, Douma, Lattaquié[2].
Le soir du 4 mai 2011, 161 véhicules blindés commencent le siège de deux villes du centre du pays, Al-Rastan et Talbisseh[49]. À Alep et Damas, des sit-in ont lieu dans les universités[21].
Le 5 mai 2011, l’armée se retire de Deraa[21]. Le 6 mai, comme chaque vendredi, des manifestations ont lieu un peu partout en Syrie pour demander la fin du régime de Bachar al-Assad. Comme chaque vendredi, les forces de l'ordre ouvrent le feu sur les contestataires. Selon les militants des droits de l'Homme, il y aurait ainsi eu au moins 26 morts, la plupart à Homs, dans le centre du pays.
Riad Seif, l'un des leaders de l'opposition, est arrêté[50].
Le 7 mai 2011, six manifestantes tuées près de Banias[51].
Le 9 mai 2011, les manifestations continuent, des coups de tirs se multiplient, et les communications téléphoniques sont coupées[52]. Selon Human Rights Watch, les bilans en morts, en blessés comme en arrestations sont invérifiables[40]. L’ONG Insan indique un bilan de 632 morts et 8 000 arrestations entre le 15 mars et le 6 mai, mais en indiquant que les identités de 5 000 personnes arrêtées n’ont pas encore pu être vérifiées[24].
Le 11 mai 2011, 21 personnes sont tuées dont deux soldats, un enfant et une infirmière[53].
Le 13 mai 2011, comme tous les vendredis, des manifestations pacifiques se déroulent dans tout le pays, notamment à Deraa, Homs, Hama, Bou Kamal, Lattaquié, Kameshli, Amouda et Alep. Au moins deux manifestants sont tués à Homs[54].
Le 14 mai 2011, au moins quatre personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées à Tall Kalakh, près de Homs, par des tirs des forces de l'ordre[55].
Le 20 mai 2011, des milliers de personnes manifestent. Ils répondent à l'appel de l'opposition pour la liberté et l'unité nationale. Damas, la capitale, et Alep, la deuxième ville pays, jusque-là globalement épargnées par les défilés, sont cette fois concernées.les forces de sécurité ont tiré à de nombreux endroits, notamment Homs, Sanamein ou Maaret al Noumane. Il y aurait au total au moins 44 morts[56].
Le 12 juin 2011, l'armée syrienne pénètre dans Jisr al Choughour pour « déloger les groupes armés » après avoir pilonné et tiré à la mitraillette au hasard sur les habitants depuis des hélicoptères[57],[58].
Le 21 juin 2011, la coordination nationale des comités locaux de jeunes révolutionnaires publie son programme politique, Vision des comités locaux de coordination pour l'avenir politique de la Syrie, qui formule l'avenir de la Syrie sous forme de démocratie parlementaire[59]. Cette réunion est suivie le 27 juin d'une réunion entre intellectuels de l'opposition dans un hôtel à Damas, alors que 400 étudiants d'Alep étaient jugés pour sabotage et insulte au président[60].
Le 15 juillet 2011, des centaines de milliers de Syriens manifestaient vendredi, notamment dans les villes de Deir Ezzor (350 000 personnes), Hama (150 000) et Damas (7 000), pour demander la libération des détenus et la chute du régime, plusieurs civils ont été tués à Damas et à Idleb, dans le nord-ouest du pays, par les forces de sécurité[61].
Le 17 juillet 2011, des affrontements entre partisans du régime et opposants à Homs (centre) ont fait au moins 30 morts au cours des dernières 24 heures[62].
Le 19 juillet 2011, treize civils ont été tués par des tirs de l'armée syrienne à Homs[63].
Le 31 juillet, 140 personnes sont tuées par l'armée[64].
Une escalade de la répression est constatée après la déclaration début août du Conseil de sécurité des Nations Unies[65]
Fondé fin août et lancé les 1er et 2 octobre 2011 à Istanbul, en Turquie, le CNS (Conseil national syrien) a pour but de pour coordonner les opposants et mener des opérations contre le régime de Bachar el-Assad. Son analogue libyen, le CNT, est le premier à le reconnaitre comme unique représentant du peuple syrien[66]. La France lui apporte son soutien le 10 octobre[67].
Après une relative accalmie, des protestations reprennent le vendredi 14 octobre 2011, avec notamment des manifestations de soutien aux soldats ralliés à la contestation, et douze personnes sont tuées[68] par les forces de l'ordre loyalistes.
[modifier] Année 2012
- Janvier :
Le journaliste cameramen Gilles Jacquier est tué à Homs, le 11 janvier 2012 pendant un tournage autorisé par les autorités syriennes,destiné au magazine télévisé Envoyé spécial. Jacquier est tué par un obus de mortier dans des circonstances obscures. Plusieurs sources anonymes interrogées par le quotidien Le Figaro attribuent la responsabilité des tirs à l'Armée syrienne libre, qui dément ces affirmations[69],[70]. Le journaliste Sid Ahmed Hammouche, qui faisait partie du même convoi de presse, évoque la possibilité d'un crime d'État[71]. Jacquier est le premier journaliste occidental tué durant la révolte syrienne[72].
Les combats reprennent le mercredi 25 janvier 2012, selon l'opposition, l'armée syrienne a lancé une vaste offensive contre Hama, dans le centre du pays, un chrétien a été tué et on dénombre de nombreux blessés[73].
- Février :
Le vendredi 3 février 2012 est la journée la plus meurtrière depuis le début de la révolte ; des massacres ont lieu à Homs où l'armée tire au char et au mortier sur les populations civiles. L'OSDH compte 260 morts dont de nombreuses femmes et enfants mais aussi des manifestants qui dénonçaient le Massacre de Hama qui avait eu lieu 30 ans plus tôt. L'ONG Human Rights Watch dénonce des cas de tortures sur enfants par l'armée[74] alors que l'ONU est toujours paralysée par le véto de la Russie et de la Chine qui soutiennent le régime syrien[75].
Le jeudi 9 février 2012, plus de soixante civils ont été tués par les forces du régime du président Bachar al-Assad, la plupart dans la ville de Homs, 57 civils ont été tués dans de violents bombardements sur Homs, dont 35 dans le quartier de Baba Amr, et onze (…) dans le pilonnage de leurs maisons dans le quartier d’Inchaat[76].
Le 10 février 2012, après le veto russe et chinois à une résolution du conseil de sécurité de l’ONU contre le régime de Bachar el-Assad, l’opposition syrienne baptise sa journée de mobilisation au Liban « vendredi de la Russie qui tue nos enfants »[77].
Le mardi 14 février 2012, on découvre d'après l’Observatoire Syrien des Droits de l'Homme que l’armée tire deux roquettes par minute sur Homs dans le quartier meurtri de Baba Amr[78]. Toutefois, cet organisme est selon ses opposants [Qui ?] se disant proches des zones de combat, qualifié de frauduleux[79] ou de mystérieux[80].
Le mercredi 15 février 2012, à Homs, un oléoduc alimentant une raffinerie située à la périphérie du quartier de Baba Amr est détruit après avoir été bombardé par deux avions militaires, Damas affirme qu'il s'agit d'un acte de sabotage perpétré par des "groupes terroristes". La ville d'Hama est prise d'assaut par les forces du régime syrien et plusieurs quartiers de la ville sont bombardés[81].
Le 22 février 2012, Rémi Ochlik un photojournaliste français de l’agence IP3 Press, entré clandestinement à Baba Amr, est tué avec la journaliste américaine Marie Colvin, 56 ans, du Sunday Times dans le bombardement d’une maison du quartier transformée en centre de presse où il se trouvaient[82].
Les journalistes Édith Bouvier du Figaro et Radio France Internationale et Paul Conroy, photojournaliste indépendant ont été blessés au cours de la même attaque. Avec William Daniels, photographe pour le Figaro Magazine et Time Magazine, et Javier Espinosa d’El Mundo ils sont bloqués à Homs[83]. Après six jours de difficiles négociations menées pas le CICR et le Croissant Rouge syrien, et dans une grande confusion quant au sort d’Édith Bouvier, seul Paul Conroy a pu être été évacué vers le Liban le 28 février 2012[84]. La journaliste espagnole basée au Liban, Monica García Prieto, affirme qu’Édith Bouvier ainsi que les journalistes Javier Espinosa et William Daniels sont toujours à Homs, dans le quartier assiégé de Baba Amr et qu’ils seraient en « sérieux danger »[85]. Edith Bouvier et William Daniels, ont été exfiltrés de Syrie vers le Liban puis évacués en France le 2 mars. Nicolas Sarkozy qui les a accueillis a prévenu que Damas devra rendre des comptes de leurs crimes devant devant les juridictions pénales internationales[86].
Le 28 février 2012 le bilan de la répression en Syrie a été réévalué à plus de 7 500 morts civils. Lynn Pascoe, secrétaire général adjoint de l’Onu chargé des affaires politiques annonce que « des informations crédibles font état d’un bilan désormais souvent supérieur à cent civils tués par jour, dont de nombreuses femmes et des enfants » [87].
- Mars :
Le 1er mars 2012, après avoir conquis le quartier rebelle de Baba Amr, à Homs, le pouvoir syrien continue son offensive contre les insurgés. D'autres villes de Syrie comme Deraaet Rastane sont maintenant la cible des bombardements de l'armée, de nombreux réfugiés fuient vers le Liban.
Le 4 mars 2012, des sources de l'ASL à Deraa affirment que les chars des forces du régime tirent des obus antiaériens sur les quartiers résidentiels et que des tireurs d'élite de l'armée syrienne ouvrent le feu sur tout ce qui bouge. Le quartier de Baba Amr qui connaît une grave crise humanitaire est toujours isolé et sans secours, malgré un convoi de sept camions chargés d'une aide d'urgence du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) qui attend depuis plus de trois jours l'autorisation du régime apporter son aide. Israël a proposé au CICR d'envoyer une aide humanitaire à la population, déclarant ne pas vouloir rester sans réagir quand des atrocités sont commises dans un pays voisin[88],[89].
Le 10 mars 2012, tandis que Kofi Annan rencontrait Bachar al-Assad pour tenter d'obtenir un cessez-le-feu, les forces gouvernementales syriennes assiègent et bombardent la ville d'Idleb, l'un des bastions de la rébellion, durant cette seule journée plus de 62 personnes ont été tuées en Syrie. De son côté, le Qatar a jugé qu'un cessez-le-feu était insuffisant et a dénoncé un génocide organisé par le régime de Bachar al-Assad. « Il y a un génocide systématique de la part du gouvernement syrien pendant que nous parlons en ce moment de cessez-le-feu », a déclaré le ministre qatari des affaires étrangères cheikh Hamad ben Jassem al Thani lors d'une réunion des ministres des affaires étrangères de la Ligue arabe avec le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov. Le pouvoir syrien a parallèlement entrepris le rappel de ses ambassadeurs des 27 pays de l'Union européenne anticipant leur expulsions en représailles à la répression brutale de l’armée syrienne[90],[91].
Le 12 mars 2012, Kofi Annan, a quitté la Syrie sans aboutir sur une solution à la crise ou obtenir de concessions d'Assad[92].
Le 14 mars 2012,la ville d'Idleb est tombée aux mains des forces d'Assad qui l'ont prise d’assaut, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, 15 civils auraient été tués, 150 autres arrêtés. L'ONG syrienne affirme que « 23 corps portant des marques de torture d'une extrême violence ont été retrouvés près de Mazraat Wadi Khaled, à l'ouest de la ville d'Idleb ».
Le 17 mars 2012, un attentat terroriste attaque le quartier chrétien de Damas. Deux voitures piégées ont explosé le matin à 7:30, une visant une la direction de la police criminelle et l'autre visant le centre des renseignements de l'aviation. On compte pas moins de 30 morts dons certains calcinés et une centaine de blessés. Les vitres de tous les bâtiments atteints par l'explosion ont volé en éclats. La télévision officielle syrienne dénonce le Qatar et l'Arabie Saoudite comme responsable de cet attentat[93].
Le 18 mars 2012, deux personnes sont mortes dans un autre attentat à Alep[94].
Le 19 mars 2012, des combats ont opposé des déserteurs et les forces gouvernementales à Damas non loin du palais présidentiel dans le quartier de Mazzé, qui abrite aussi les services de renseignements et autres bâtiments gouvernementaux, ainsi que dans deux autres quartiers de la ville, selon l'OSDH. Le bilan serait de six morts selon l'OSDH et de quatre morts selon les autorités[95].
Le 23 mars 2012, l’armée du régime continue de pilonner dans un « déluge de feu » la ville de Homs qui reste coupée du monde. Un habitant a déclaré durant un entretien via un téléphone satellitaire à Jérôme Bastion de RFI. « La situation est bien pire qu’auparavant. Les bombardements aujourd’hui sont d’une intensité incroyable, cela tombe partout. Ils utilisent toute sorte d’artillerie, la plupart du temps des chars modèle T72, mais aussi souvent des roquettes »[96].
- Mai :
Le 20 mai et les jours qui suivent, des rumeurs persistantes, étayées par certains événements et relayées par l'opposition[97], indiquent que la Cellule centrale de gestion des crises du gouvernement aurait été décimée par un empoisonnement. Cette cellule réunit plusieurs généraux dont le ministre de l’Intérieur Mohammed Al Cha’’ar, le directeur des Renseignements militaires Abdel-Fattah Qoudsiyeh, le directeur des Renseignements de l’Armée de l’Air Jamil Hasan, le directeur de la Sécurité politique Mohammed Dib Zitoun, le directeur des Renseignements généraux Ali Mamlouk, ainsi que le frère cadet de Bachar Al Assad Maher Al Assad, patron de la 4ème division mécanisée et homme fort de l’appareil militaire, et son beau-frère Asef Chawkat, ancien directeur des Renseignements militaires et vice-ministre de la Défense depuis l'été 2011.
[modifier] Massacre de Homs
Les corps d'au moins 26 enfants et 21 femmes ont été retrouvés carbonisés, égorgés ou poignardés à Homs. Certaines femmes auraient été violées avant d'être tuées. Les insurgés et les forces gouvernementales s'accusent mutuellement d'en être responsable.
Le ministre syrien de l'Information Adnane Mahmoud a accusé "les gangs terroristes" d'avoir perpétré le massacre « en vue de susciter des réactions internationales contre la Syrie », accusant l'Arabie saoudite et le Qatar d'être "complices" de ces "gangs"[98].
[modifier] Opposition armée
Devant la poursuite de la répression, des défections se produisent et une frange de l'armée semble se constituer à l'automne 2011 en opposition armée au régime. Deux groupes de soldats séditieux, l'Armée syrienne libre et le Mouvement des officiers libres, se constituent[99], et pourraient avoir tué plusieurs centaines de membres des forces de sécurité[100].
Mi-octobre 2011, le développement de ces défections de nombreux soldats des forces armées, dont certains se rebellent pour retourner leurs armes contre les forces de répression, fait craindre à l'ONU un mouvement de guerre civile, d'autant plus que les attaques de déserteurs contre forces loyalistes au régime semblent se multiplier[68],[101], les déserteurs rejoignant les rangs de l'Armée syrienne libre mouvement armé d'opposition créee en juillet 2011 par le colonel Riyad Al Asaad[102], laquelle intensifie ses opérations contre les piliers du régime. Ainsi, le 16 novembre 2011, le centre des services de renseignements aériens situé à l’entrée de Damas est attaqué à l'aube à la roquette et à la grenade par un commando armé[103]. Quatre jours plus tard, le 20 novembre, c'est le siège du Parti Baas à Damas qui est la cible d'attaque à la roquette[104].
Le 29 novembre 2011, l'Armée syrienne libre (ASL) reconnait l’autorité du Conseil national syrien (CNS)[105]. Le haut commissaire des Nations Unies aux Droits de l'Homme déclare le 1er décembre 2011 que la Syrie est en état de « guerre civile »[106].
[modifier] Appel à la paix
Le 15 décembre 2011, les Patriarches d'Antioche lancent un appel à la paix et à un arrêt des sanctions internationales contre la Syrie[107]. Les patriarches sont les « leaders » des chrétiens, qui représentent 10 % de la population. Les chrétiens sont très inquiets des manifestations du vendredi et ont en mémoire les chrétiens d'Irak qu'ils ont accueilli après les massacres. En effet, une semblable persecution religieuse semble se mettre en place à Homs: 230 chrétiens abattus par les insurgés, quartiers mixtes désertés de 80 % de leurs habitants chrétiens[108], notamment dès décembre pour célébrer Noël[109].
[modifier] Appel de personnalités
Une cinquantaine de personnalités, anciens dirigeants politiques, Prix Nobel de la paix et intellectuels ont appelé les membres du Conseil de sécurité des Nations unies à s'unir pour retirer au président syrien son "permis de tuer", dans une lettre ouverte publiée le 13 mars 2012. Dans ce texte publié dans le Financial Times et dans Le Figaro, ces personnalités de plus de vingt-sept nationalités estiment que « les divisions au sein de la communauté internationale ont donné au gouvernement d'Assad un permis de tuer et demandent que ce permis lui soit maintenant retiré »[110].
[modifier] Réactions internationales
Dès le mois de mars, l'Union européenne, le Canada, les États-Unis et la Turquie ont condamné les violences[111],[112],[113],[114].
[modifier] En Europe
L'Union européenne a pris des sanctions à plusieurs reprises contre le régime de Bachar El-Assad. Tout au long du mois d'aout 2011, Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne, a annoncé une série de sanctions contre la Syrie. Une vingtaine de personnes faisant partie du régime de Bachar El-Assad ont été interdits de visa et ont eu leurs avoirs gelés. Cinq entreprises militaires impliquées dans les violences sont interdites de relations commerciales. Un embargo de l'UE sur les exportations de pétrole syriennes est également instauré[115],[116],[117].
Le 23 mars, le Ministère des Affaires étrangères français a appelé le pouvoir syrien à « renoncer à tout usage excessif de la force » et a condamné « les violences qui font des morts et des blessés ». Il a également invité Bachar al-Assad à engager des réformes politiques. La France s'est aussi jointe à la demande du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme de « procéder à une enquête transparente sur les événements » des jours précédents[118].
Le 17 novembre, la France rappelle l'ambassadeur français en Syrie, Éric Chevallier, à Paris et ferme les consulats généraux d'Alep et de Lattaquié[119].
Le 12 mars Alain Juppé, a dénoncé « l'obstination criminelle de gouvernements archaïques » et la fuite en avant du régime syrien qui s« 'enfonce dans une répression toujours plus sanglante, dans une violence toujours plus barbare » [120].
[modifier] Aux États-Unis
Le 10 août 2011, le gouvernement des États-Unis prend des sanctions économiques contre les sociétés de télécommunication syriennes et les banques liées à Damas. Les sanctions empêchent les citoyens américains de mener des affaires avec la Banque commerciale de Syrie, la Banque syrienne libanaise commerciale ou Syriatel. Les avoirs de ces sociétés situés aux États-Unis ont été gelés[121].
Dans une déclaration écrite publiée le 18 août 2011, le président Obama dit explicitement pour la première fois que Bashar El-Assad devrait démissionner : « Le futur de la Syrie doit être déterminé par son propre peuple, mais le président Bashar al-Assad s'est mis en travers… Pour le bien du peuple syrien, le moment est venu pour le président Assad de s'éloigner. » Il a condamné à nouveau la répression brutale, mais répété que les États-Unis n'interviendraient pas dans les affaires syriennes au-delà des pressions politiques et économiques pour qu'Assad quitte le pouvoir. Le même jour, Hillary Clinton a annoncé un embargo total sur les importations de pétrole et de produits pétroliers syriens aux États-Unis[122].
[modifier] En Amérique du Sud
Le président vénézuélien, Hugo Chavez, apporte dans ce contexte son soutien à « son ami » Bachar el-Assad, et le décrit comme « un humaniste[123] ».
[modifier] En Russie et en Chine
La Russie et la Chine s'opposent à toute résolution ou sanction envers le régime Syrien, ce qui pourrait entre autre s'expliquer par des raisons intérieures (craintes de voir le Printemps arabe faire tache d'huile chez eux[124],[125], par des raisons de principes (ces deux pays sont traditionnellement opposés à tout droit d'ingérence[124],[125]), ou encore par des raisons d'intérêts (la Russie étant notamment le premier fournisseur d'armes au régime syrien, qui reste le seul allié de Moscou dans la région, y compris du point de vue militaire grâce à la base navale de Tartous, la dernière qui, en Méditerranée, accueille encore en permanence des navires de la flotte militaire russe[126],[127],[124],[125]; la Chine s'aligne systématique sur les positions russes en espérant tout simplement obtenir en retour un soutien de Moscou lorsque intérêts chinois sont également menacés[125])
Ces deux pays ont notamment boycotté en juin 2011 les discussions à l'ONU destinées à établir un projet de résolution condamnant la répression sanglante en Syrie[128]. Moscou se déclare par la suite opposé aux sanctions prises par l'Union européenne au cours du mois d'août[129]. Début octobre 2011 à l'ONU, Russes et Chinois opposent leur veto à un projet de résolution concernant le régime Syrien, puis l'opposent une seconde fois en février 2012[130].
Alors qu'une demande d'intervention de la Turquie par des réfugiés syriens se fait de plus en plus pressante, la Russie prévoit en retour de déployer une importante flotte militaire dans les eaux territoriales syriennes pour empêcher une éventuelle attaque de l'OTAN[131],[132].
Le 20 mars 2012, Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères annonce que la Russie est prête à soutenir une déclaration du Conseil de sécurité de l'ONU appuyant la mission en Syrie de Kofi Annan sous condition que celle-ci « ne constitue pas un ultimatum » [133].
[modifier] Au Moyen-Orient
Plusieurs capitales arabes condamnent finalement le pouvoir syrien, se joignant aux pays occidentaux pour provoquer une session spéciale du Conseil des droits de l'homme de l'ONU le 22 août 2011[134],[135]. Le 12 novembre 2011, la Ligue arabe (sauf l'Irak et le Liban) vote la suspension de l'adhésion de la Syrie à toutes ses réunions à compter du 16 novembre et prône des sanctions politiques et économiques contre le pouvoir syrien[136]. Cependant, le roi du Bahreïn, qui vient de réprimer la contestation massive dans son propre pays apporte son soutien au régime de Damas[137].
En février, le chef de la diplomatie égyptienne Mohamed Kamel Amr se prononce pour un règlement pacifique du conflit syrien, une prise en compte des exigences du peuple et une cessation immédiate des violences dans le pays, rejetant toute ingérence extérieure[138],[139].
L'appartenance de la famille El-Assad à la secte chiite des alaouites a permis depuis plusieurs années un important rapprochement du régime iranien des Mollahs avec le régime syrien qui est ainsi devenu le principal allié de Téhéran dans le monde arabe. D'autant que Damas assurait un important soutien logistique au Hezbollah, la milice libanaise chiite pro-iranienne, dans sa lutte acharnée contre Israël. Au fil de l'évolution de la situation, Téhéran semble avant tout préoccupé de préserver ses intérêts dans la région en adoptant une attitude assez ambigüe. D'un côté la capitale iranienne prend quelques distances avec le régime de Damas en ouvrant le dialogue avec l'opposition syrienne[140], tout en désapprouvant les sanctions prises par la Ligue arabe craignant que celles-ci n'attisent la violence, et ne débouchent ainsi sur une guerre civile[141].
[modifier] Conférence des chefs de tribus arabes de la Syrie au Caire
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Le 7 mai 2012, les chefs de tribus se sont rencontrés à une conférence au Caire pour annoncer leur support de l'armée syrienne libre et des révolutionnaires en Syrie ; à la fin de la conférence les chefs de tribus arabes en Syrie ont annoncé la fondation d'une conseil politique, où toutes les tribus en Syrie sont représentées. (Voir déclaration de l'écrivain politique Ahmed Ghanem.[142][réf. à confirmer].)
[modifier] Aux Nations unies
Les 7, 20 et 31 juillet 2011, le secrétaire général Ban Ki-moon appelle à mettre un terme à la répression[143],[144],[145].
Le 3 août 2011, le Conseil de sécurité condamne la répression par les autorités syriennes[146].
Le 5 août 2011, des experts de l'ONU exhortent la Syrie à cesser la répression contre les civils[147].
Le 5 octobre 2011, puis le 4 février 2012, la Chine et la Russie opposent à deux fois leur veto à une résolution de l'ONU condamnant la répression en Syrie[148],[149].
Le 23 février 2012, Kofi Annan est nommé émissaire conjoint de l'Organisation des Nations unies et la Ligue arabe sur la crise en Syrie[150].
Le 20 mars 2012, Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU, a déclaré lors d'une conférence de presse à Bogor, que « La situation en Syrie est devenue intolérable et inacceptable ». Il a ajouté que « La communauté internationale doit s'unir. Ce n'est pas parce que nous ne sommes pas capables d'avoir une résolution à l'ONU qu'il faut que la souffrance de la population syrienne continue. Il s'agit de la responsabilité morale et politique de la communauté internationale »[151].
[modifier] Human Right Watch
Le 15 mars 2012, Human Rights Watch a dénoncé dans un communique les « méthodes de terre brûlée » utilisées par l’armée syrienne afin de tenter d'écraser la révolte qui perdure dans le pays. L'ONG basée à New York déplore que le Conseil de sécurité l'ONU soit bridé par la Russie et la Chine et considère qu’après un an de révolte populaire en Syrie « le Conseil de sécurité devrait enfin s'unir et signifier clairement à Assad que ces attaques doivent cesser »[152].
[modifier] Amnesty International
Le 14 mars 2012, Amnesty International rend public un rapport dénonçant un recours de grande ampleur à la torture et à d’autres formes de mauvais traitements en Syrie par le régime. L'ONG recense 31 méthodes de torture et d’autres formes de mauvais traitements attribuées aux forces de sécurité, à l’armée et aux bandes armées progouvernementales connues sous le nom de shabiha[153].
[modifier] Notes et références
- Nora Benkorich, « Sanglant "printemps syrien" », Le Monde, 24 mai 2011, p. 20
- « Le mouvement de contestation ne fléchit pas en Syrie », RFI, publié le 5 mai 2011
- Syrie : 11100 morts depuis mars 2011 sur Le Figaro, 23 février 2012
- LDH Toulon, « Solidarité avec le peuple syrien », Ligue des droits de l'homme, publié le 13 mars 2012, d'après un bilan du Strategic Research and Communication Center, consulté le 21 avril 2012
- Saena Sadighiyan, Nicolas Brien, « Syrie : chronique d’une impossible révolution Twitter », Rue89, 19 mars 2011
- AFP, « Des milliers de manifestants de nouveau à Deraa Des milliers de manifestants de nouveau à Deraa », France 2, 21 mars 2011
- Syrie: Les forces de sécurité ont tué des dizaines de manifestants, HRW, 25 mars 2011
- Syrie : Escalade de la répression après la déclaration du Conseil de sécurité des Nations Unies, HRW, 9 août 2011
- Syrie : l'ONU évoque de possibles « crimes contre l'humanité », Le Nouvel Observateur, 16/2/2012
- Tamer Al-Samadi, « « Les forces de Bachar tirent à l'aveugle » », dans Courrier international, traduction du Al-Hayat d'Amman (Jordanie), no 1114, du 8 au 14 mars 2012, p. 39 (ISSN 1154-516X)
- Syrie: La chasse aux chrétiens et aux alaouites a commencé dans certains quartiers de Homs
- Un hiéromoine orthodoxe est tué en Syrie
- Nouvelles des chrétiens du Diocèse de Homs et de Hama
- L'appel à manifester contre le pouvoir diffusé sur Facebook n'a pas été suivi sur France 24, le 4 février 2011. Consulté le 24 mars 2011.
- Damas baisse les taxes sur des produits alimentaires sur Le Monde, 18 février 2011. Consulté le 5 mars 2011
- Ignace Leverrier, op. cit., p. 62
- Ignace Leverrier, op. cit., p. 61
- Syrie: les sites de Facebook et YouTube de nouveau accessibles, sur France24, 9 février 2011. Consulté le 22 mars 2011.
- Gilles Paris, « La Syrie n'est pas épargnée par la contestation », Le Monde, 19 mars, p. 13
- Syrie: 13 militants emprisonnés en grève de la faim sur TF1, 7 mars 2011
- AFP, « Retour sur deux mois de contestation », Le Nouvel-Observateur, publié le 6 mai 2011, consulté le 8 mai
- Premiers signes de contestation en Syrie, sur L'Express, 15 mars 2011. Consulté le 22 mars 2011.
- Amnesty.org
- Cécile Hennion, « En Syrie, la résistance des militants du web face à la répression », Le Monde, 7 mai 2011, p. 6
- Gilles Paris, « En Syrie, la ville de Deraa est en état quasi-insurrectionnel », Le Monde, 24 mars 2011, p. 10
- Ignace Leverrier, « L’appartenance citoyenne au centre des revendications des manifestants syriens », Un Œil sur la Syrie, blog du Monde, publié le 3 mai 2011, consulté le 10 mai 2011
- Syrie/manifestations: 4 morts sur Le Figaro, 18 mars 2011. Consulté le 22 mars 2011.
- AFP, « Syrie : quatre manifestants tués dans le Sud », Le Monde, 20-21 mars 2011, p. 12
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- Pierre-André Sieber, « Zones d’ombre sur le drame de Homs », La Liberté, 14 janvier 2012
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- Syrie- Navires de guerre russes entrent dans les eaux syriennes pour empêcher l'attaque de l'OTAN, LePost, 18 novembre 2011
- Des navires de guerre russes pour protéger la Syrie ?, NouvelObs, 18 novembre 2011
- http://www.liberation.fr/monde/01012397138-syrie-moscou-s-oppose-a-un-ultimatum-mais-pas-a-une-declaration
- Session spéciale du Conseil des droits de l'homme de l'ONU - le Monde du 22 août 2011
- Le Conseil des droits de l'homme tient une 2° session extraordinaire consacrée à la situation des droits de l'homme en Syrie - Communiqué de l'ONU du 18/08/2011
- La Ligue arabe suspend la Syrie, Le Monde, 13/11/2011
- Alain Gresh, « Syrie-Bahreïn, cause commune », Nouvelles d’Orient, blogs du Monde diplomatique, publié le 10 mai 2011
- Syrie: l'Égypte pour un règlement pacifique du conflit
- L'Egypte veut un "changement" en Syrie, rejette une intervention militaire
- L'Iran prend ses distances avec son allié syrien sur Le Figaro. Consulté le 29 aout 2011
- Syrie : l'Iran critique la Ligue arabe sur Le Figaro. Consulté le 18 novembre 2011
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- Syrie : Ban Ki-moon appelle de nouveau à mettre un terme à la répression, Centre d'actualités de l'ONU, 20 juillet 2011
- Syrie : Ban Ki-moon appelle à mettre un terme à la répression, Centre d'actualités de l'ONU, 31 juillet 2011
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- Des experts de l'ONU exhortent la Syrie à cesser la répression contre les civils, Centre d'actualités de l'ONU, 5 août 2011
- ONU/Syrie : veto russe et chinois, AFP, Le Figaro.fr, 05/10/2011
- Syrie : Chine et Russie opposent leur veto au Conseil de sécurité, La-croix.com avec AFP, la-Croix.com, 5 février 2012
- Communiqué de l'ONU
- leparisien.fr, 20 mars 2012
- lepoint.fr, 15 mars 2012
- amnesty.fr
[modifier] Voir aussi
[modifier] Articles connexes
[modifier] Articles externes
- « Who's who in Syria's leadership », BBC, publié le 3 mars 2005